Retour sur… le E-congrès national sur les ADDictions

Le 15 mars dernier, le Dr Sébastien Roux du Crivape a assisté au 4ème E-congrès national sur les addictions qui avait pour thème : «  s’e-former pour dépister, repérer et traiter les addictions avec/sans substances ». L’occasion de faire un retour sur les différents sujets évoqués avec des interventions de Anne Borgne, médecin généraliste et Présidente du RESPADD (https://www.respadd.org/organisation/), une association à but non lucratif qui fédère plus de 600 établissements de santé (hôpitaux, cliniques, EHPAD, établissements médico-sociaux, etc.) engagés dans la prévention et la prise en charge des pratiques addictives, Jacques Le Houezec, tabacologue ainsi que Philippe Castera, médecin généraliste et addictologue ainsi que Dr Marion Adler, médecin et tabacologue à l’hôpital Antoine Béclère de Clamart, membre de l’Association SOS Addiction

Tabac : on arrête ou pas ?

Dans un premier temps, les protagonistes ont évoqué les dernières tendances dans l’arrêt du tabac. Depuis 2 ans il y a une nette baisse de la prévalence tabagique, et la cigarette électronique a joué un rôle important.

Depuis plusieurs années, la France met en place des moyens pour aider à l’arrêt du tabac chez les fumeurs notamment à travers l’augmentation des prix de paquets de cigarettes, l’arrêt des cigarettes mentholées (à partir du 20 mai 2020) ou encore l’événement annuel du Mois Sans Tabac en Novembre. Aussi,  il existe de plus en plus de groupes d’entraide sur les réseaux sociaux qui permettent aux anciens fumeurs d’échanger sur leur expérience.

Cependant, rien n’est encore parfait pour la France avec une prévalence au tabagisme à 33%. L’objectif : créer la première génération sans tabac d’ici 2032.

Deux possibilités continuent de s’offrir à toute personne qui souhaite arrêter le tabac : l’arrêt brutal

ou progressif. Il est tout de même essentiel de préciser que la réduction progressive se fera sans douleur puisqu’il n’y aura aucune souffrance du manque. Il est aussi possible d’associer les traitements (qu’ils soient remboursés ou non).

 

L’importance de l’information quant à la non-toxicité de la nicotine a aussi été évoquée. Il faut informer massivement le grand public sur le fait que la nicotine ne présente pas de danger pour la santé, mais qu’elle est addictive. C’est la combustion qui est toxique, pas la nicotine.

 

Le grand public est victime de fake news provenant de lobbys, essentiellement d’Amérique du Nord, notamment suite aux nombreux cas de pneumopathies (baptisés EVALI) qui ont été associés à une utilisation détournée de e-cigarettes aux États-Unis. Des analyses réalisées par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont confirmé le rôle de l’acétate de vitamine E, une huile retrouvée dans les cartouches de cannabis de contrebande. Cependant, le doute reste présent dans certains esprits.

Plusieurs armes pour arrêter le tabac

Selon Jacques Le Houezec, le sevrage tabagique est un « marathon ». Il faut y aller en douceur et prendre son temps pour entamer un sevrage tabagique dans un premier temps et nicotinique dans un second temps. Tous les fumeurs peuvent trouver une stratégie de sevrage tabagique adaptée à leurs besoins : il y a autant de stratégies thérapeutiques qu’il y a de fumeurs.

 

Plusieurs armes sont disponibles pour arrêter le tabac :

  • En première intention il existe les traitements de substitution classiques, remboursés jusqu’à maintenant : les patchs, les gommes, les pastilles et enfin le spray buccal (non remboursé).
  • En seconde intention, il existe la varénicline qui est un comprimé à utiliser durant trois à six mois. Il s’agit d’un traitement non remboursé. Il existe aussi la cigarette électronique, qui n’est un moyen de sevrage remboursé.

 

L’hypnothérapie et l’acuponcture sont des techniques qui n’ont pas fait leur preuve d’efficacité sur la dépendance nicotinique jusqu’à maintenant.

 

Il est aussi possible d’associer plusieurs substituts nicotiniques selon les besoins, notamment via l’utilisation de patchs avec d’autres substituts en allant jusqu’à la dose maximale de nicotine tolérée tout en étant efficace. Il faut être vigilant car une surdose implique des effets néfastes sur le corps : tachycardie, nausées et/ou céphalées, etc. Si le sujet a des envies de fumer en étant au-delà du seuil de nicotine tolérée tout en ayant ces symptômes, il existe des thérapies comportementales adaptées.

Si la personne n’est pas motivée, il faut tout de même utiliser les mêmes clés que si elle souhaitait arrêter de fumer. Il peut être motivant pour le sujet de tester son taux de CO, qui baissera au fur et à mesure des consultations.

 

Concernant les femmes enceintes, tous les substituts nicotiniques sont indiqués pour l’aider à quitter le tabac durant la grossesse, sauf la varénicline. Rappelons que le danger n’est pas la nicotine, le danger ce sont les produits de combustion.

 

Il existe une fake news indiquant que l’arrêt du tabac entraîne de nombreuses maladies, cela est totalement faux. Cependant, selon les sujets, il existe quelques troubles notamment une toux accompagnée de sécrétions bronchiques, des troubles du sommeil, des troubles de l’humeur (passage de l’enthousiasme à un manque, ou un vide qui semble un peu abstrait) ou d’autres symptômes qui sont totalement transitoires puisqu’ils s’estompent en quelques semaines.

 

Il existe une fake news indiquant que l’arrêt du tabac entraîne de nombreuses maladies, cela est totalement faux. Cependant, selon les sujets, il existe quelques troubles notamment une toux accompagnée de sécrétions bronchiques, des troubles du sommeil, des troubles de l’humeur (passage de l’enthousiasme à un manque, ou un vide qui semble un peu abstrait) ou d’autres symptômes qui sont totalement transitoires puisqu’ils s’estompent en quelques semaines.

Quelle place pour la vape aujourd’hui ?

Depuis plusieurs années que la cigarette électronique existe, elle s’est largement développée notamment via les évolutions technologiques, techniques et les usages.

Aujourd’hui, le matériel est beaucoup plus simple d’utilisation. Il existe des systèmes performants qui peuvent être associés à des patchs pour les fumeurs qui consomment plus d’un paquet de cigarettes.

En Juillet 2019 est tombé le rapport de l’OMS jugeant la cigarette électronique « incontestablement nocive ». Une charge surprenante et une position à contre-pied de celle adoptée par de nombreuses instances sanitaires, qui a mis un premier coup de massue à la vape. Place ensuite à la fameuse crise EVALI aux USA en Août dernier : des cartouches de THC frelatées du marché noir, contenant de l’acétate de vitamine E et une base d’huile, qui ont causées le mort d’une cinquantaine de personnes. Cela a entraîné une perte de confiance dans la vape. Les boutiques ont d’ailleurs annoncé une baisse de chiffre d’affaire supérieure à 30%.

Depuis cela, le doute règne dans l’esprit des fumeurs et même certains consommateurs se posent beaucoup de questions et ont besoin d’être rassurés. Pour cela, il est important de rappeler sans cesse les nombreux contrôles que subissent les produits du vapotage en Europe et en France, en sensibilisant les professionnels de la santé. 

Les professionnels de la vape doivent aussi être correctement formés afin de pouvoir informer et conseiller au mieux les clients dans le cadre de leur sevrage tabagique.

Crivape recommande aux professionnels de la vape de se former. Il existe différents centres de formation, dont le centre de formation Forom Vape ( www.foromvape.fr) , qui a l’ambition de mettre à profit ses connaissances, expériences et compétences au service des professionnels de la vape., ainsi que la FIVAPE (La Fédération Interprofessionnelle de la Vape) qui représente les professionnels de la cigarette électronique en France et forme aux métiers de la vape.

Avec la vape, vous ne quittez pas une addiction pour une nouvelle addiction !

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