Crivape répond à l’article de l’European Heart Journal.

La cigarette électronique, responsable de maladies pulmonaires ?

 

La publication de l’European Heart Journal fait le buzz en indiquant qu’il existe des risques de maladie pulmonaire obstructive chronique (BPCO) de 704% avec les cigarettes classiques, de 218% avec les « pipes à eau » et de 194% avec les cigarettes électroniques. Elle reconnait par contre que la cigarette électronique n’est pas mise en cause dans le risque de cancer du poumon.

Les auteurs de cette publication admettent que la vapeur des e-cigarettes est moins toxique que la fumée de tabac. Néanmoins pour eux, le tabagisme aigu d’e-cigarette augmente la pression sanguine, provoque un dysfonctionnement endothélial et augmente le stress oxydatif vasculaire et cérébral. Bien qu’elle soit moins toxique, et toujours selon eux, l’affirmation proposée par le Public Health England et le Royal College of Physician, selon laquelle la cigarette électronique serait 95 % moins nocive, devrait être rapidement réévaluée en raison du nombre croissant de preuves concrètes concernant les dommages causés par la cigarette électronique.

D’une manière générale, l’utilisation accrue des e-cigarettes est préoccupante et, comme cela a été récemment recommandé par l’OMS, il convient de mettre en œuvre des efforts plus importants de lutte contre le tabagisme en augmentant les taxes sur le tabac, en adoptant des lois antitabac, en menant des campagnes dans les médias de masse et en limitant la commercialisation du tabac afin de mieux protéger la santé de la population en général. D’ailleurs, les auteurs concluent que les recherches futures devraient se concentrer en particulier sur les effets néfastes à long terme du tabagisme des e-cigarettes sur le système cardiovasculaire ou les maladies respiratoires et le cancer, car il manque encore des preuves solides (résumées dans leur figure 1). En particulier, les personnes exposées à la fumée secondaire bénéficieront de toute connaissance accrue concernant l’impact sur les maladies cardio-vasculaires de la vapeur de la cigarette électronique. Pour rappel, Dans des applications maîtrisées, il n’existe pas. Une étude publiée par le National Center for Biotechnology Information a démontré qu’aucun changement significatif n’a été observé lorsqu’on a comparé les concentrations d’haleine exhalée durant le vapotage et l’absence de jours de vapotage (Lien : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30560536).


Un article basé sur du e-liquide et du matériel ayant des composants anormaux


Depuis le début de la lecture de cette publication, les auteurs discutent de beaucoup de chose, mais nous n’avons toujours pas de données et caractérisation sur les e-liquides, leur provenance, leur conditionnement, les taux de nicotine … les matériels utilisés pour leur vaporisation. Quelles sont les machines utilisées pour reproduire le protocole de vaporisation ainsi que les matériels liés au piégeage des vapeurs de e-cigs ? D’autre part, ces techniques sont extrêmement complexes et spécifiques. Il n’existe au monde qu’une 15ène de laboratoires (dont Crivape fait partie) à avoir développer la technique, à la maitriser et à la faire évoluer. A date, nous n’avons vu aucun des auteurs et/ou des organismes liés à ce groupe, participer à ces travaux et utiliser ces techniques ? Pouvons-nous douter de leur compétence ? Nous le pensons. Le doute est permis concernant la quantification de la nicotine, carbonyls, nitrosamines, goudrons, monoxyde de carbone, métaux, et des HAP (VOCs) dans les émissions de e-cigs..

Les auteurs précisent une liste curieuse de produits toxiques retrouvés dans la vape, dont nous ne connaissons pas l’origine dans les e-liquides et les matériels utilisés.

Figure 1


Pour information, la e-cigs contient 4 familles de substances, dont trois sont de qualité pharmaceutique, à savoir :


Glycérol ou VG → alcool → https://echa.europa.eu/fr/substance-information/-/substanceinfo/100.000.263 → antibactérien bien connu →  utilisation dans tous les savons à composant n°2 du gel hydroalcoolique.

La nicotine présente dans le e-liquide permet à l’ancien fumeur de quitter le tabac traditionnel. Une fois cette étape réalisée, le vapoteur peut envisager de réduire sa consommation de e-liquide afin de ne plus vapoter un jour.

Le fait que ces produits soient de qualité pharmaceutique impliquent un cahier des charges drastiques sur la qualité et la pureté du produit. Il n’y a donc pas de métaux, de métabolites de la nicotine, de nitrosamines et autres substances toxiques tels que les HAP (VOCs ci-dessus). Sur ce dernier point, il existe des seuils sanitaires, spécifiant la valeur limite autorisée (par exemple : benzène, toluène, naphtalène, bisphénol …).

Les auteurs présentent des données sur les carbonyls et dont la gamme des valeurs est extrêmement large. CRIVAPE est frappé par cette grand dispersion et par les taux retrouvés., sachant qu’il existe également des seuils à ne pas dépasser (XPD 90-300-3).

Je vous transmets ci-dessous un tableau comparatif des valeurs en carbonyls présentées dans la publication, versus les données recueillies par Crivape (sur plus de 1 000 produits), versus les seuils sanitaire/réglementaires européens (en µg/puff) repris dans la norme française Afnor.

En conclusion de ce tableau comparatif :

1/ les données fournies par les auteurs ne représentent pas la réalité car trop dispersées.

2/ les données fournies par Crivape indiquent que l’on est plus exposé à ces doses d’aldéhydes dans la vie quotidienne qu’en utilisant les produits de vapotage pour quitter le tabac.


Ce qu'il faut retenir de l'article de l'European Heart Journal


En résumé, la vape européenne est un outil de sevrage tabagique. Son but est d’aider les personnes à quitter le tabac, et surtout pas de remplacer une addiction par une autre. La vape ne génère pas de nouveaux addicts, elle permet simplement au fumeur de quitter le tabac, puis de réduire sa quantité de nicotine afin de ne plus vapoter un jour. La vape européenne se structure depuis plus de 5 ans et il existe à ce titre des normes françaises (Afnor), et des groupes de travaux européens (CEN) sur le sujet.

Comme pour tout produit, il est nécessaire d’avoir une connaissance approfondie de la solution vape, c’est pour cela qu’il y a des études cliniques permettant de déterminer, qualifier et quantifier les bénéfices et les risques. Dans cette publication, les auteurs parlent exclusivement de danger et de trouble (Hazard/Odds), et confondent aigu et chronique. Les études cliniques, comme Vapexp’air permettent d’investiguer les sujets du bénéfice/risque en intégrant les notions de risques à court et long terme.

Enfin, ce document traite peu des nouveaux produits du tabac, et fait l’amalgame entre le tabac, la vape, la chicha et la nicotine.

Pour finir, cette publication assène également une fausse vérité, à savoir la relation entre le tabac, la nicotine et le COVID qui ne sont pas établies formellement à ce jour. A ce sujet, la France communiquera d’ici la fin août sur le sujet, suite aux premiers résultats sur son étude clinique à l’APHP !

Notons que les auteurs de cette publication ont été financés par la fondation Boehringer Ingelheim. Ce groupe pharmaceutique allemand compte 144 filiales dans 45 pays, et pèse 16 Mds € pour 50 000 collaborateurs.

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